Le régiment des Zouaves de la Garde

-

Historique

 

Le régiment des zouaves de la Garde est créé le 23 décembre 1854. Les hommes sont tirés des régiments de zouaves et des bataillons de chasseurs servant en Crimée. Quatre compagnies sont envoyées en Crimée et y débarquent le 28/1/1855. Le 15 mars 1855, la première revue est tenue et général Canrobert lui remet son drapeau, devant Sébastopol. Dès sa création, il est engagé au siège de Sébastopol. Lors de la prise de Malakoff, le régiment intervient en soutien dans la gorge de l'ouvrage et lutte au corps à corps pour repousser la contre attaque russe, y perdant 300 hommes sur les 590 engagés.
En 1859, le régiment subit de lourdes pertes à Magenta en forcant le ponte nuovo. La bataille lui coute 57 tués et 205 blessés sur 1000 hommes.

Entre 1860 et 1870, le régiment fait le service auprès de l'Empereur et escorte certains souverains en visite en France, notamment l'Impératrice de Russie en 1860.

En 1870, il combat à Rezonville. Le 1er bataillon arrète les prussiens devant les bois de St Arnould et le bois de Ogons, le 2nd bataillon subit sans broncher pendant de longues minutes les feux de l'artillerie ennemie. Pas engagés à Saint Privat, les zouaves contribuent à la bataille de Ladonchamps lors du siège de Metz. A la capitulation de la place, le régiment refuse de livrer son emblème. Le 28 octobre, devant le colonel et tous les officiers réunis, l'aigle est dévissé, le pied est martelé et enterré, la cravate est répartie entre les officiers supérieurs, la soie est mise en pièces et les morceaux distribués comme des reliques aux officiers présents.

Le régiment est enmenné en captivité et ne sera pas reconstitué.

Martial Chazotte

Né le 24/6/1823 à Lyon, il entre dans l'armée comme chasseur au 3e bataillon en mars 1843. Durant 11 ans, il va servir en Algérie. En avril 1847, il passe comme sergent au bataillon des tirailleurs indigènes d'Alger. Le 16/5/1847 il se signale au combat de Béni Ablès.
Ses brillants états de service lui permettent d'obtenir le grade de Sous Lieutenant le 1/10/1851. Le 14/12/1852, il se signale au siège de Laghouat et est cité à l'ordre de l'armée.

Promu Lieutenant le 10/8/1853, il est nommé chevalier de la légion d'Honneur le 3/3/1854.

Il fait la campagne de Crimée au régiment des tirailleurs algériens. Il sert durant le siège de Sébastopol dans la compagnie des eclaireurs volontaires qui font le coup de main dans les avants postes du siège et est blessé d'une contusion par un éclat d'obus le 19 décembre 1854, à peine deux jours après la création de cette unité, lors d'une sortie nocturne. Distingué par son courage, il est nommé au régiment des Zouaves de la Garde peu après sa création, en mars 1855. Il  se distingue une nouvelle fois le 18 juillet dans la parallele avancée du ravin du Carénage devant Sébastopol. Blessé d'un coup de feu à la cuisse gauche, il y est cité à l'ordre de l'armée et nommé Capitaine le 1/8/1855.
Durant la campagne d'Italie, il est blessé une nouvelle fois, à Magenta le 4/6/1859 d'un coup de feu au front, à la tête de la 6e compagnie du second bataillon. En 1860, il est capitaine adjudant major du bataillon, fonction reconnaissable au galon doré entre les deux galons argentés, sur cette photographie prise par Carjat. Il fait partie du bataillon envoyé à Nice pour escorter l'Impératrice de Russie.

Il est nommé Chef de bataillon le 17/6/1865 au 3e régiment de zouaves et passe au 4e régiment des voltigeurs de la Garde Impériale le 4/3/1868 et recoit peu après la croix d'officier de la Légion d'Honneur. A Rezonville, en aout 1870, il en commande le 1er bataillon et il est grièvement blessé au pied droit d'un eclat d'obus tiré par la grande batterie allemande déployée à Vionville, alors qu'il déploie son bataillon 150 metres devant l'artillerie de la Garde afin de la couvrir. Cette blessure est la la quatrième de sa carrière...

Il termine son brillant parcours militaire comme Colonel (12/11/1875) du 4e régiment d'infanterie et en 1878 reçoit la croix de commandeur de la Légion d'Honneur, ultime récompense d'une carrière exceptionelle.

Il est mort le 12/3/1885.

Photo Carjat (Paris)

      


 
   

Ernest Chenu

Né le 31/8/1836 à Melun. Saint Cyrien de la promotion du Prince Impérial (1855-1857), il est nommé Sous lieutenant le 1/10/1857 au 90e RI alors que son régiment est en Algérie. Il y restera jusqu'en 1859 et sera envoyé ensuite en Italie où il participe à la bataille de Magenta, son régiment y perdant son colonel. Durant la bataille, sur le Ponte di Magenta, Chenu est blessé d'un coup de feu à la fesse droite.

Lieutenant le 21/1/1863, Chenu rejoint brièvement le regiment des Zouaves de la Garde en fevrier 1869, peu avant sa promotion au grade de Capitaine le 7/8/1869, et le quitte quelques jours plus tard pour passer au 3e régiment de tirailleurs algériens.

Resté au dépôt, il ne participe pas à la guerre de 1870 en France, mais il fera l'expédition de Kabylie en 1871 comme adjudant major d'une colonne montée vers Ouargla. Pour cette campagne, il recevra la croix de la légion d'honneur le 14/1/1872. 

Sans doute fatigué de cette expédition outre mer, il permute en 1874 et rejoint le 118e RI en France comme capitaine adjudant major. Il passera ensuite au 31e RI en 1876.

Il est mort le 18/9/1880.

Photo Penabert (Paris)


Charles Denis Ziéger

Sous lieutenant le 4/6/1860 au 53e RI. Il passe peu de temps après aux Zouaves de la Garde Impériale.

Lieutenant le 11/3/1868

Durant la guerre de 70, il sert à la 5e compagnie du 2e bataillon. Lors de la bataille de Rezonville, ce bataillon est sévèrement engagé par l'artillerie prussienne et perd son capitaine ; Ziéger prend alors le commandement de la compagnie. Deux jours plus tard, lors de la bataille d'Amanvilliers (ou Saint Privat), Ziéger est blessé, l'un des rares officiers de la Garde blessé ce jour, ce corps d'armée n'ayant pas été engagé par le maréchal Bazaine.

Après la guerre de 70, Charles Ziéger est promu Capitaine (25/3/1871) et passe dans la Garde Républicaine (ce qui n'est pas banal pour un ancien officier de la garde Impériale). Il reçoit la croix de la légion d'Honneur vers 1875.

 

Photo Maunoury (Paris)

   


   

César Jerôme Jean Nicolas François Marie Ferdinand de la Grua e Salamanca, Prince de Carini

 

Né à Paris le 26/4/1843.

Il s'engage au régiment de la Légion étrangère, avec lequel, il fait campagne au Mexique. Il est ensuite promu Sous Lieutenant le 3/8/1865, au 87e régiment d'infanterie.

Il passe aux Zouaves de la Garde en 1869 et fait la guerre de 1870 comme officier de la 5e compagnie du 2e bataillon du régiment (son supérieur immédiat est le Lieutenant Zieger, dont la notice figure juste au dessus). Lors de la bataille de Rezonville, sa compagnie est engagée. A la fin de la bataille "deux régiments de Hussards rouges se précipitent, poussant des hourras sur les troupes qui sont à droite du 2e bataillon. Favorisés par l'obscurité, pas son uniforme et ses cris qui nous laissent un instant dans l'incertitude, l'ennemi arrive sur notre front sans presque être reconnu. La surprise pourtant est de courte durée. Accueillie par un feu meurtrier, la charge s'arrête, tourbillone un moment, puis fait demi tour et vient défiler en désordre à six pas devant les zouaves qui, en quelques décharges bien dirigées, en font un sanglant massacre. Cet épisode clôt la bataille (historique du 4e régiment de zouaves)".
Fait prisonnier à la capitulation de Metz, il est photographé en captivité, par le photographe Bieber à Hambourg.

Revenu en France, il est promu Lieutenant le 17/4/1871, mais démissionne de l'armée en juin de cette année.

Il a épousé successivement les deux filles du chambellan de la cour Rodolphe Auguste d'Ornano, fils du Maréchal d'Ornano et de Marie Leczinska.

Il est mort le 22/6/1884.

 

Photo Bieber (Hambourg)

 


Elisée Charles Duchemin
 
Né à la Guadeloupe le 19/5/1833. Il s'engage au 5e régiment d'artillerie en 1853. Passé au 16e régiment de la même arme, il y fut successivement brigadier en 1854 et maréchal des logis en 1857.
 
Il entre avec son grade au régiment d'artillerie à pied de la Garde. Sa belle prestance et ses qualités militaires lui valent d'être nommé tambour major d'abord au 70e régiment d'infanterie, puis au 1er régiment étranger en 1861 et enfin aux zouaves de la Garde en 1862. Il occupe ce poste prestigieux pendant cinq ans.
 
Libéré en 1867, Duchemin s'engage la même année au 2e régiment du génie où, six mois apès, la canne de tambour major lui est confiée ; il la garde jusqu'en 1870. Alors, afin de prendre une part plus active à la guerre contre l'Allemagne, il entre en qualité de maréchal des logis au 11e régiment d'artillerie, où il est aussitôt nommé adjudant.
 
Promu sous lieutenant le 31/12/1870, il passe l'année suivante au 2e escadron du train des équipages, où il obtient le grade de lieutenant en second en 1876. Lieutenant en premier au 18e escadron du train en 1877. Duchemin est nommé capitaine en second au 3e escadron en 1882, puis capitaine commandant en 1885.
 
Admis à la retraite le 27/10/1885, il se retire à Angers où il meurt le 10/7/1908.
 
Il a fait les campagnes d'Orient de 1855 à 1856, d'Italie, d'Afrique en 1861, contre l'Allemagne et a servi en Algérie de 1871 à 1873, et en Tunisie de 1881 à 1883. Médaillé militaire en 1866, chevalier de la Légion d'Honneur en 1881, il possédait les médailles de Crimée, d'Italie et la Valeur militaire sarde.
Il fut remplacé aux zouaves de la Garde par Coquibus, ancien tambour major de l'école de Saint Cyr. 
   


    

Edme Amédé Nicolas de Monroty

Né le 9/1/1818 à Paris, Monroty s'engage en 1836 au 8e régiment d'infanterie. Passé sergent, il abandonne ses galons pour rejoindre le régiment des Zouaves comme simple soldat en 1839. Rapidement nommé sous officier, il est promu Sous Lieutenant le 11/4/1848.

Le 13/2/1852 lors du tiercement du régiment, il est nommé au 1er régiment des zouaves. Il y est promu Lieutenant le 3/3/1852. Le 23/5/1853, lors de l'expédition des Babors, le colonel Bourbaki manoeuvre de manière à attirer les Kabyles dans une embuscade où il a placé quatre compagnies. L'opération a un plein succès et l'ennemi y perd beaucoup de monde. De Monroty s'y fait remarquer pour son entrain et son ardeur. Il est nommé chevalier de la Légion d'Honneur.

Le 30/3/1854, de Monroty embarque sur le Panama pour l'Orient et Gallipoli. Le 20/9/1854, à la bataille de l'Alma, le régiment de zouaves s'illustre en prenant d'assaut la position du télégraphe et en tournant la ligne des russes. De Monroty est blessé durant le combat. A la création du régiment le 15/3/1855, il passe au au régiment des Zouaves de la Garde Impériale et recoit la croix du Medjidié le 3/5/1855. Le 20/7/1855, il est blessé dans les tranchées devant Sébastopol. Promu Capitaine le 7/7/1855, il participe à l'assaut de Malakov de septembre 1855.

Durant la campagne d'Italie, de Monroty se distingue à Magenta. Après la première prise du Ponte Nuovo par le 3e régiment de grenadiers, les Autrichiens accablent ce régiment "Trépignants d'impatience, les zouaves de la Garde sont restés en réserve depuis le début de l'action en avant du pont de San Martino, massés dans un plis de terrain près de la grande route. L'Empereur est près d'eux : "Allons les zouaves ! du calme, du sang froid et sac à terre !". Sitôt dit, sitôt fait, les sacs sont posés à terre et comme une coulée de lave, ces vaillants guerriers d'Afrique s'engouffrent dans la fournaise du combat. Sous le feu roulant des Autrichiens, retranchés sur la rive gauche du Ponte Nuovo, ils abordent le canal et travèrsent dans un même bond. Puis la colonne se dédouble, quelques compagnies s'attaquent aux maisons dont elles enfoncent les portes et en chassent ou éventrent les défenseurs. A droite, en quelques instants, ils font place nette. A gauche, la resistance se prolonge et ce n'est qu'au bout de vingt minutes qu'ils se rendent maîtres du terrain. Le reste du régiment a continué droit devant lui, comme un coin, il s'est enfoncé dans la masse serrée de son antagoniste et à coups de baionettes, à coups de crosse, y trace une sanglante trainée. Un moment tout plie avec effroi devant cette furia francese, mais là encore la lutte est inégale. Bientôt les Autrichiens, remis de leur stupeur reviennent à la rescousse en épaisses nuées pour se laver de leur honteuse reculade. C'est pour les notres une heure de fol héroïsme et de suprème sacrifice. Ils se battent à un contre vingt sans défaillir. (historique du régiment des zouaves de la garde)." Finalement renforcés sur le pont, et soulagés par l'attaque de MacMahon au nord de Magenta, la garde finit par rester maîtresse du terrain. Durant la journée, de Monroty figure parmi les huit officiers tués ou blessés du régiment. Pour son action du jour, il est promu Officier de la Légion d'Honneur le 28/12/1859.

Nommé Chef de bataillon, il prend sa retraite et est nommé adjudant du Palais des Tuileries. Il est mort le 21/7/1893.

Photo Carjat (Paris)

 

Ils ont servi aux zouaves de la garde : Commandant Weissemburger, Colonel de la Hayerie

 

Les colonels du régiment des Zouaves de la Garde

Retour