Le second régiment des Grenadiers de la Garde

-

Historique

 

Le 2e régiment de Grenadiers est créé en 1854. Un de ses bataillon est envoyé en Crimée et y débarque le 28/1/1855,  le régiment entier le rejoint en mai. Il se distingue lors de la prise de Malakof où, employé dans le second assaut en renfort,  il laisse environ 500 des siens dans la courtine.

En 1859, durant la campagne d'Italie, il se couvre de gloire à Magenta en prenant Buffalora et en y subissant de lourdes pertes (150 grenadiers et 7 officiers).

En 1870, il subit aussi des pertes importantes (26 officiers et 500 grenadiers) lors de la bataille de Rezonville dans la défense du village, avant de se rendre lors de la capitulation de Metz.

  

Henri Algan

Né le 8/10/1825 à Sarreguemines. Elève à l’école de Saint Cyr (1845-1847), il en sort médiocrement classé (256e sur 291) et il est nommé Sous-lieutenant le 1/10/1847 au 6e bataillon de chasseurs à pied.

Lieutenant le 21/4/1852 au 3e bataillon de chasseurs à pied, il sert en Crimée de mai à septembre 1854. Après une brève interruption de sa carrière militaire, il reprend du service dans son grade au 2e bataillon d'Afrique en décembre 1854.

Nommé Capitaine le 12/8/1857. En 1859, il participe à l'expédition de Chine, comme capitaine adjudant major au 102e RI. A son retour, il passe au 2e régiment de grenadiers de la garde, il y recoit la Légion d'Honneur en avril 1863.

Promu Chef de bataillon le 15/10/1869, il est nommé au 35e régiment d'infanterie. En 1870, le régiment est en garnison à Rome au corps d'occupation. Rappatrié en France, il est affecté au 13e Corps du général Vinoy pour la défense de Paris.

Le 30/9/1870, Vinoy décide d'attaquer Choisy le Roi pour faire reculer la ligne d'investissement des Allemands. Le 35e RI, sous les ordre du général Guilhem, a pour objectif Chevilly. Le 3e bataillon commandé par Algan est d'abord en soutien à 300 metres de l'attaque principale. Après avoir été ralenti par des tirailleurs embusqués derrière le talus du chemin de Chevilly à l'Hay, le bataillon emporte la première barricade et les premières maisons de Chevilly. Le centre du village est défendu par de nombreux prussiens. Le commandant Algan franchit alors une barricade à la tête de 110 hommes de bonne volonté, dont 2 capitaines et 2 sous lieutenants, et pousse jusqu'à l'église. Ce réduit de l'ennemi est inabordable, les balles arrivent de toutes parts et plusieurs hommes sont touchés. Algan réunit alors son monde dans une sorte de grande ferme dont il organise rapidement la défense. Une contre attaque allemande repousse alors le reste du régiment et Algan et ses hommes se retrouvent isolés et encerclés dans la ferme. Une tentative de sortie conduite par le capitaine Rameau se solde par un massacre et toutes les issues sont encerclées. La centaine de soldats lutte alors avec l'energie du desespoir dans cette nouvelle maison des dernières cartouches. Les Prussiens mettent le feu à le ferme, brisent la porte et se précipitent dans la cour. Les soldats français font une décharge, s'élancent à la baionette et les rejettent hors du bâtiment, mais le feu n'est pas éteint et la position devient intenable. A court de cartouches, épuisés et à bout de force, ils se rendent. Algan, blessé dans le combat, est pris par les allemands. Il sera décoré de la croix d'officier de la Légion d'Honneur pour son action.  

Après la guerre, il est nommé Lieutenant colonel le 11/2/1876 au 6e régiment d'infanterie.

Décédé le 23/10/1903.

Photo Mayer et Pierson (Paris)


Gaspard François Frédéric Le Breton, est né le 31/8/1820 à Morlaix
 
Fils d'un professeur de Mathématiques au colège de Morlaix, il fait Saint Cyr (promotion des Cendres, 1840-1842) et en sort 189e sur 241. Il est nommé Sous lieutenant au 20e RI en 1842, puis Lieutenant en 1847 et Capitaine en 1850. Il est en Algérie entre 1850 et 1854, puis suit son régiment en Crimée. Le 7/8/55 il est blessé une première fois au bras droit au dessus du coude, puis le 8/9/55, lors de l'assaut qui fait tomber la ville, il est de nouveau blessé d'un coup de pierre à la tête. Il est nommé chevalier de la Légion d'Honneur et reçoit la médaille de Crimée.

Nommé Chef de bataillon en 1856, il passe au 98 RI et fait la campagne d'Italie. Il est de nouveau blessé d'une contusion à l'épaule gauche lors de la bataille de Solférino (24/6/59). Au retour de cette campagne, il est nommé au 2e régiment des grenadiers de la Garde (9/7/59). Il y est nommé officier de la légion d'honneur (1860), reçoit l'ordre militaire de Savoie et la médaille d'Italie.

En 1864, il quitte la Garde pour être nommé Lieutenant colonel au 85 RI. Il est à Rome du 17/9/64 au 7/12/66 et y est nommé commandeur de l'ordre de StGrégoire le Grand.

Colonel le 24/12/1869 au 85e RI., il est en 1870 atteint d'une affection cérébrale nécessitant sa mise en disponibilité temporaire, ce qui lui fait manquer la guerre de 70 (ces notes indiquent un "esprit inquiet, air constemment préoccupé ou pensif, dénotant peu de suite dans les idées"). En 1873, il semble rétabli et prend la tête du 31 RI. Néanmois cette rémission est de peu de durée. En octobre 1874, un rapport dénonce qu'il "s'est produit certaines tendances à l'indiscipline et un manque de dignité se traduisant par plusieurs scènes déplorables. Le colonel a un très net affaiblissement de la mémoire et oublie fréquemment de transmettre ou donner les ordres, ce qui oblige le lieutenant colonel à s'y substituer."
En 1875, la promotion de son lieutenant colonel oblige le ministre à prononcer la réforme d'office du colonel Le Breton pour infirmités. Il est néanmoins promu Commandeur de la Légion d'honneur pour sa belle carrière. Il décède le 10/7/81.
 
Photo Alexandre (Paris)
      


     

Eugène Emile le Tanneur

Né le 29/6/1828 à Coutances (Manche). Après avoir fait Saint Cyr il est nommé Sous Lieutenant au 42e régiment de ligne le 1/10/1850. Il participe aux événements du coup d'Etat à Paris en 1851.

Envoyé en Orient le 18/6/1854, il est promu Lieutenant le 27/12/1854, puis Capitaine le 23/9/1855, peu après la chute de Sébastopol.
C'est le 27/3/1858 qu'il rejoint la Garde Impériale comme officier du 2e régiment de Grenadiers. Il en devient adjudant major en mars 1860, peu avant la campagne d'Italie. C'est en 1863 qu'il est photographié dans la grande tenue du régiment, arborant ses décorations (médaille de Crimée, Valeur militaire de Sardaigne et médaille d'Italie). Ayant reçu la croix de la Légion d'Honneur en avril 1865, il quitte la Garde le 27/5/1865 et passe au 8e bataillon de chasseurs.

Il est nommé Chef de Bataillon le 27/2/1869 au 26e régiment d'infanterie. La guerre de 1870 le trouve chef de corps du 2e bataillon de chasseurs à pied dont il a pris le commandement en mars. Affecté au 4e corps d'armée, le bataillon est engagé à Borny et Rezonville et surtout à Saint Privat où il resiste à une première attaque ennemie devant Amanvilliers. Plus tard vers 5 heures et demie, une nouvelle attaque se précise : "Des colonnes beaucoup plus nombreuses et jusqu'alors masquées derrière le bois de la Cusse, entrent en ligne à leur tour. On peut voir distinctement qu'une attaque formidable se prépare en face du bataillon. Les Allemands sortent du bois par chaînes de tirailleurs qui se doublent successivement, les hommes se couchant dans les intervalles les uns des autres de manière à former une ligne compacte à 400 metres de notre position. Cette première ligne est appuyées par des bataillons en colonne serrée qui sortiront des bois au moment de l'attaque. En même temps nos adversaires ont posté entre St privat et StAil une batterie qui nous prend de flanc. Le premier coup de canon de cette batterie sert de signal à l'attaque de front. La masse s'ébranle et nous charge avec vigueur ; le feu terrible de nos chasseurs l'arrête et la fait hésiter, les bataillons de soutien entrent  en ligne, ils sont à leur tour fort maltraités. Mais une masse énorme d'artillerie peut s'établir entre Ste Marie aux Chênes et Roncourt. Les coups frappent  avec une effroyable précision ; la postion n'est plus tenable et l'ordre de retraite est donné ; le bataillon fait cent pas en arrière. C'est alors que le commandant Le Tanneur, secondé par les officiers, rallie ses hommes et les ramène au combat, exécutrant ainsi l'un des rares retours offensifs de cette journée. Les munitions sont presque épuisées, les hommes mettent baïonette au canon et se jettent sur l'ennemi sans tirer ; cet élan furieux fait plier de nouveau les assaillants qui reculent malgré leur énorme supériorité numérique. Le bataillon trop affaibli par les pertes de la journée, ne peut poursuivre son avantage sans s'exposer à être coupé de sa ligne de retraite. il s'arrête sur la position qu'il a occupée tout le jour et y brule ses dernières cartouches (historique du bataillon, qui perd 230 hommes ce jour)." Le Tanneur est cité à l'ordre de l'armée pour s'être distingué sous Metz lors des journées des 14, 16 et 18 aout. Il est fait prisonnier à la capitulation de Metz.

Promu Lieutenant Colonel du 132e régiment de ligne le 29/12/1874, il prend sa retraite dans ce grade en 1879 et est nommé au commandement d'un régiment territorial. En 1883, le général Thibaudin, ministre de la guerre, intervient en sa faveur auprès de la Chancellerie pour qu'il soit nommé officier de la Légion d'Honneur, décoration qu'il aurait du reçevoir en 1870.  Le Tanneur est mort le 15/12/1906.


Joseph Amédée Carmier

Né le 9/11/1828 à Douai, ce fils d'officier est élève de Saint Cyr de 1847 à 1849 (sorti 144e sur 272) et est nommé Sous Lieutenant le 1/10/1849 au 13e régiment d'infanterie. Il participe au siège de Rome (novembre 1849 à fevrier 1850).

Promu Lieutenant le 29/12/1853 au 33e régiment d'infanterie, il part brièvement en Crimée du 2/11/1855 au 22/7/1856 et passe le rigoureux hiver au camp de Tratkir. Durant son séjour, il est nommé Capitaine le 17/3/1856, mais ne participe à aucune opération active. En mars 1857, il passe au 23e régiment d'infanterie et en est nommé adjudant major en mai 1859. Il y fait campagne en Algérie et en Italie.

Le 7/12/1859, il passe au 2e régiment de Grenadiers de la Garde et en devient adjudant major en aout 1861. Il est nommé chevalier de la Légion d'Honneur le 30/12/1862.

Il quitte la Garde en juin 1864 pour retourner au 33e RI et le 3/8/1869, il est nommé Chef de Bataillon au 92e régiment d'infanterie qu'il rejoint en Algérie. Le régiment ne participe pas aux premières opérations de la guerre et ne retourne en France qu'en décembre 1870 pour rejoindre l'armée de l'Est. Il combat à Villersexel puis sur la Lisaine et sur la Cluse, avant de faire retraite en Suisse. Carmier y est interné du 2 février au 13 mars 1871. A son retour il est engagé dans les opérations de répression de la Commune de Lyon et Carmier conduit les troupes qui reprennent la mairie des mains des insurgés. Il est nommé officier de la Légion d'Honneur le 13/5/1871.

Lieutenant Colonel le 12/5/1875 au 71e RI, il est promu Colonel le 24/2/1880 et prend le commandement du 124e régiment. Il est nommé Général de brigade le 24/10/1885 et prend le commandement de la 22e brigade d'infanterie, puis de la 32e. Il est Commandeur de la Légion d'Honneur le 8/10/1889.

      

Les colonels du 2em régiment des Grenadiers de la Garde

Retour