Les tués de 1870-1871

 

Durant la guerre de 1870, les officiers français payèrent un lourd tribut à la France, puisque 5 420 officiers seront blessés et 2 359 tués. Ces quelques biographies, replacées dans leur contexte historique, retracent sommairement les carrières de certains de ces hommes.

 

Wissembourg (4/8/1870)

Le 4 aout, la division Douay du 1e corps, en pointe avancée à Wissembourg, est surprise par la IIIe armée allemande. Les 5000 français ne peuvent rien contre 40.000 allemands. Il sont battus et doivent se replier sur le corps de Mac Mahon.


Froeschwiller (6/8/1870)

La IIIe armée prussienne qui continue sa marche en avant attaque le 6 aout le corps d'armée du maréchal Mac Mahon sur les positions de Woerth/Froeschwiller/Reichshoffen. Combattant à un contre trois, les français sont battus, mais les pertes allemandes sont à peu près aussi importantes que celles des Français. L'armée de Mac Mahon parvient à retraiter sans être accrochée, mais doit  abandonner l'Alsace aux Prussiens pour se reconstituer au camp de Chalons.

   

Ernest de Franchessin

Ce Saint Cyrien de la promotion de 1844 a fait campagne en Orient, en Afrique, en Italie et au Mexique. Il a servi comme Chef de bataillon au 3e régiment de Zouaves et au 20e bataillon de chasseurs, puis Lieutenant Colonel du 2e régiment de Zouaves (ici sur le cliché).

Promu Colonel en 1868, il prend le commandement du 96e régiment d'infanterie qu'il va conduire au feu en 1870.

Le livre du centenaire de Saint Cyr raconte sa mort le 6/8/1870 à Froeschwiller, rapportée par le caporal Fournier de son régiment : "Hardi jusqu'à la témérité, il excite les hommes de la voix et du regard et s'ecrie "A moi mes enfants ! à la baïonnette, courage !" Et il s'élance le premier. L'élan était donné mais une grêle de balles l'arrête ; la compagnie Hésite. Le colonel se retourne et crie pour la deuxième fois "A moi ! à la baïonnette !" Une balle le frappe au pied gauche qui est troué de part en part. Il s'adosse à une arbre, se fait déchausser et, malgré la douleur, il marche en s'appuyant sur moi. Nous n'avions parcouru qu'une faible distance qu'une nouvelle balle l'atteint au côté gauche, à 10 cm au dessous du sein. Je le sens tressaillir et il me dit avec un sang froid que je n'oublierai jamais "Je suis mortellement blessé." Il avait à peine achevé ces mots qu'une troisième balle le frappait à nouveau au côté droit, à la même hauteur que la seconde. Malgré ses trois blessures et avec un courage surhumain, il cria : "En avant ! en avant!". je le soutins de mon mieux, car malgré sa volonté de fer, il chancela. Avec l'aide de trois hommes du 3e bataillon, puis d'un cavalier démonté et d'un caisson, je l'emmenai près de l'ambulance; Pendant que je le soutenais sur mes épaules, il reçut une quatrième balle près de l'omoplate. Nous avions environ 100 metres à parcourir quand il commença son agonie qui dura trois minutes ; je voulus le porter jusqu'à l'ambulance ; c'était l'église de Froeschwiller qui était toute en feu. Nous laissâmes le corps du colonel dans une grange et nous pûmes regagner la forêt.

Photo Ken (Paris)  

Cyr Charles Maillard

 

 

Nommé Sous lieutenant le 5/3/52 au 3e RI, il participe à l'expédition de la Baltique et y reçoit la médaille commémorative britanique (c'est la médaille de droite sur la photo).

Lieutenant le 22/12/55, il est avec son régiment en Algérie entre 1859 et 1864, pour y participer aux campagnes du  Maroc (1859), de Kabylie (1860) et du Sud Algérien (1864). Il y reçoit la croix de la légion d'honneur.

Capitaine le 21/1/1863, il est capitaine adjudant major de son régiment au déclanchement de la guerre de 70

Il est tué le 6 aout 1870 à la bataille de Froeschwiller.

 

 

   

  

Pierre François Eugène André

Ce saint cyrien de la promotion de Crimée-Sébastopol (1854-1856) est nommé sous lieutenant le 1/10/1855 au 48e régiment d'infanterie.

Lieutenant le 16/3/1864, il fait campagne en Algérie entre 1864 et 1868.

Au déclanchement de la guerre de 70, il est capitaine de son régiment qui participe à la bataille de Froeschwiller à la division du général Raoult le 6/8/1870.

Il y est tué alors que sa compagnie défend le bois de Froeschwiller. Le régiment perd dans cette affaire 1200 hommes, ainsi que 18 officiers.

Photo Muzet & Joguet (Lyon)

Jules Edouard Colson

 

Né le 20/1/1820, il fait Saint Cyr et l'école d'état major (1844). Officier brillant du corps d'état major, il fait la campagne de Crimée (où il est blessé le 18/6/1855), il sert en Algérie, notamment en 1857 pour la campagne de Kabylie et suit la campagne d'Italie.

Il sert aussi comme attaché militaire en Russie.

Au déclanchement de la guerre, il est général de brigade, chef d'état major du Maréchal Mac Mahon au 1er corps d'armée.

Il est tué le 6 aout 1870, à la bataille de Froeschwiller.

 

 

Photo Disdéri (Paris)

        

    

Abdallah Ben Missoun

Abdallah ben Missoun a déjà une longue carrière de sous officier derrière lui au 2em régiment de tirailleurs algériens, lorsqu'il est promu Sous Lieutenant le 28/3/1863.

Il a servi en Algérie, mais aussi durant la campagne d'Italie, dont il est revcenu décoré. Spécificité du corps des tirailleurs algériens, le corps des officiers est composé d'officiers indigènes, qui peuvent servir jusqu'au grade de lieutenant. Ben Missoun porte ici leur tenue spécifique : veste et gilet de forme arabe, en drap bleu de ciel, ornés de tresses et de galons en soie noire. Grades en forme de noeuds hongrois sur les manches. Pantalon arabe en drap orné de chamarrures en soie noire. Chéchia et turban, bottes souples en cuir noir verni.

Au début 1870, il participe à l'expédition de l'Oued Guir, puis en aout 1870, fait partie des officiers envoyés combattre en France. Il sert à la 3e compagnie du 2e bataillon.

Le 6/8/1870 à Froeschwiller, le régiment va défendre l'éperon boisé du Hochwald contre les attaques prussiennes et bavaroises, très supérieures en nombre. Pour arréter leur marche en avant, les tirailleurs doivent effectuer de nombreux retours offensifs à la baïonnette qui rejettent plusieurs fois l'ennemi dans les bois d'où ils essaient de déboucher, mais au prix de pertes sanglantes, notamment lorsqu'ils doivent remonter la pente vers le couvert du bois, sous le feu de l'artillerie. Ben Missoun est grièvement blessé lors de la bataille.

Il succombe de ses blessures le 26/8/1870 à Soultz.

Noël Raoult

Né à Meaux le 26/12/1810, fils d'un boulanger, il a fait Saint Cyr et l'école d'état major. Il a servi en Algérie à l'état major du général Pelissier et s'est distingué en Crimée où il a été blessé à deux reprises le 6 juin et le 8 septembre 1855.

Revenu de Crimée comme commandeur de la Légion d'Honneur, seul lieutenant colonel a avoir cette distinction, il est nommé chef d'état major de la Garde Impériale, fonction qu'il occupe alors qu'il est photographié par Le Gray.

Il a été nommé général de brigade après la campagne d'Italie et général de division en 1867.

En 1870, il commande une division de l'armée de Mac Mahon. Il est grièvement blessé à la bataille de Froeschwiller le 6/8/1870 et meurt un mois plus tard.

  

   

Charles Robert de Vogüé

 

Né le 16/12/1835 à Paris, il est Saint Cyrien de la promotion Crimée-Sébastopol (1854-1856), sorti 198e sur 416..

Sous Lieutenant le 1/10/1856, il est nommé au 8e régiment de hussards avec qui il fait la campagne d'Italie.

Lieutenant 17/1/1863, il passe au 11e régiment de chasseurs à cheval et est envoyé en Algérie en 1864, en garnison à Mostaganem. Il y est nommé chevalier de la Légion d'Honneur.

Capitaine le 14/8/1867, la vie africaine lui convient puisque lorsque le 8e Hussard rentre en France, de Vogüé obtient sa permutation au 1er régiment de Spahis en 1868. Remarqué par le haut commandement, et bénéficiant d'importants appuis familiaux, il est nommé officier d'ordonnance du maréchal de Mac Mahon, gouverneur de l'Algérie. Cette fonction explique le port des aiguillette sur ce beau portrait, oeuvre du photographe Geiser.

De Vogüé suit Mac Mahon lorsque celui-ci est nommé commandant l'armée d'Alsace en 1870.

Il est tué le 6/8/1870 à la bataille de Froeschwiller, d'une balle en plein front. Enterré dans une fosse commune, son père devra faire des recherches pour retrouver son corps et lui donner une sépulture individuelle.

 

Photo Geiser (Alger)


 

Forbach - Spicheren (6/8/1870)

En Lorraine, les Ie et IIe armées allemandes  attaquent au sud de Sarrebruck le 2e corps d'armée du général Frossard. Celui ci, peu soutenu par le reste de l'armée de Lorraine doit battre en retraite.

Jean Maurice Fontaine de Cramayel

Né le 2/8/1839 à Metz, il est issu d'une famille qui fournit de nombreux militaires et diplomates à la France. Après avoir fait l'école de Saint Cyr en 1856, il est nommé Sous Lieutenant au 1er régiment de carabiniers le 1/10/1858.

Lieutenant le 11/8/1862, il passe au régiment de carabiniers de la Garde en janvier 1866. C'est dans ce grade qu'il est photographié par le Roch, alors qu'il est à Saumur, à l'école de cavalerie.

Capitaine le 30/10/1867, il passe au 12e régiment de dragons, comme capitaine instructeur.
Lors de la guerre de 1870, il est capitaine adjudant major. Le 6/8/1870, alors que le 2e corps d'armée du général Frossard organise la position défensive de Forbach, deux escadrons du régiment partent reconnaître la route de Sarrelouis. remontant la chaussée du chemin de fer. Il n'ont pas fait deux kilometres qu'ils rencontrent une forte colonne prussienne dont la pointe d'avant garde a été contenue le matin par les sapeurs de la division. Les dragons ont devant eux toute la 13e division prussienne (forte de 4 régiments), qui s'avance en masse serrée, précédée d'un régiment de Uhlans et accompagnée de son artillerie. Vouloir avec 250 cavaliers arréter cette colonne est impossible et les cavaliers rebroussent chemin pour venir s'installer à la gauche de la compagnie du génie qui s'est déployée en tirailleurs dans le retranchement barrant la route. Là les dragons mettent pied à terre. A 6 heures les prussiens se déploient et établissent une batterie à mille metres et leurs tirailleurs arrivent à couvert par les bois et débouchent à 400 metres des retranchements. Rejoints par le gros de la colonne, ils commencent un feu des plus vifs ; pendant plus d'une heure les allemands font d'inutiles efforts pour déloger les français et ils sont tenus en respect. A court de munitions, les deux escadrons de dragons remontent à cheval et poussent dans le crépuscule sur un bataillon ennemi une charge des plus vigoureuse. Ils leur sabrent un grand nombre d'hommes, les dispersent en partie, puis reviennent tenir leur rôle de fantassins. Ces deux escadrons subissent des pertes sensibles et dans l'engagement, de Cramayel est tué, avec 18 de ses camarades.

Son corps ne sera pas retrouvé.

Photo le Roch (Saumur)

   

    

Charles Auguste de Beurmann

 

Né le 23/1/1829 à Wissembourg, Charles de Beumann est promu capitaine du 63e régiment d'infanterie le 24/5/1859.

En 1870, il en commande la 3e compagnie du 3e bataillon. Le 6/8/1870 à Spickeren, le bataillon est en soutien d'une batterie de mitrailleuse déployée au sud ouest du bois de Rotherberg lorsqu'il est ordonné d'appuyer les troupes engagées dans le bois. "Pour se dérober à la vue des batteries prussiennes qui canonnent violamment la position, le bataillon entre dans le sous bois et descend vers le nord en longeant la lisière ouest. Au débouché de ce couvert, outre les obus qui lui viennent de la gauche, il est assailli du même côté par une violent fusillade qui met hors de combat le capitaine de Beurmann (historique du régiment)".

 Son corps n'est pas retrouvé et il est promu chevalier de la Légion d'Honneur à titre posthume le 19/10/1870.

 

Photo Darnay (Poitier)


Borny (14/8/1870)

Après la retraite de Forbach, l'armée de Lorraine se concentre à Metz. Bazaine, nommé commandant en chef, décide de retraiter vers Verdun.  Les Prussiens, se rendnat compte de la manoeuvre attaquent les arrières gardes française du 3e Corps à Borny. Celui ci fait face, et renforcé par le 4e Corps, il inflige aux Prussiens des pertes sévères (5000, contre 3000 français), mais la retraite vers Verdun  est retardée de deux jours.

Augustin Marie Maurice de Labarrière

Saint Cyrien de la promotion d'Isly (1843-1845), de Labarrière a fait l'essentiel de sa carrière dans l'arme des chasseurs à pied, au 8e bataillon et au bataillon des chasseurs à pied de la garde Impériale dont il porte l'uniforme sur la photo ci contre. Il s'est notamment illustré en Italie.

La guerre de 1870 le trouve Chef de bataillon du 20e bataillon de chasseurs à pied. Il rencontre son destin le 14 aout 1870 à Borny.

Après avoir pris le bois de Mey, les Allemands souhaitent en déboucher. " Le général de Brayer envoie aussitôt le 20e bataillon de chasseurs défendre le village du même nom. Le commandant de Labarrière détache aussitôt deux compagnies pour fouiller les vergers et les maisons du village où les Prussiens veulent pénétrer. Le feu de nos chasseurs force les Allemands à se réfugier sous le bois. La nuit commençait à venir. On entendait une vive fusillade dans le bois, nos chasseurs hésitent à tirer, craignant que le 5e bataillon n'ait réoccupé le bois. Le commandant de Labarrère veut s'en assurer et se porte en avant en reconnaissance, le revolver au poing, suivi d'une section. Aussitôt les Prussiens qui occupent la lisière, en sortent en nombre, agitant des mouchoirs blancs, criant qu'ils se rendent et levant la crosse en l'air. Le commandant fait cesser le feu qui partait des premières maison et s'avance seul vers l'ennemi. Tout à coup les fusils des Allemands s'abaissent et une décharge meurtrière à bout portant couche par terre le brave commandant. Un cri de rage, un cri de vengeance, part de toutes les poitrines des chasseurs du 20e. Une terrible fusillade, suivie d'une attaque vigoureuse, chasse encore une fois les Prussiens du bois. Plus tard, on rapport le corps du commandant ; une balle lui a traversé les deux tempes. Les chasseurs du 20e, tête nue, font la haie sur son passage. On le porte à une ambulance provisoire établie dans le village. Le capitaine Cugnier prend sa croix, son sabre et son képi ; ces précieuses reliques seront envoyées à sa famille (Richard : historique des chasseurs à pied).

Photo Prevot (Paris) 

     

      

 

Il est tué lors de la bataille de Borny le 14/8/1870 alors que sa compagnie protège la retraite de l'artillerie dans le bois de Mey. Il est enterré sur place.

Photo Sacarau (Toulouse)

Claude Théodore Decaen

Né le 20/9/1811 à Utrecht. A sa sortie de saint cyr, il rejoint le 21e régiment avec lequel il fait la campagne d'Alger en 1830.

Chef de bataillon le 6/5/1850, il a commandé le 1er bataillon de chasseurs à pied en Algérie entre 1853 et 1854. Il a servi en Crimée comme colonel du 7e régiment d'infanterie et il s'est brillament illustré lors de la prise de Sébastopol en plantant le drapeau de son régiment dans le fort de Malakoff, ce qui lui a valu d'être nommé général de brigade.

En 1857, il commande une brigade de voltigeurs de la Garde Impériale, ce qui nous vaut cette photographie de le Gray au camp de Chalons. Il garde ce commandement durant la guerre d'Italie, jusqu'à la bataille de Magenta à la suite de laquelle il est nommé général de division, commandant la 2e division du corps d'armée de Mac Mahon.

En 1870, grand officier de la Légion d'honneur, il est mis à la tête du 3e Corps d'armée. Il est blessé le 14/8/1870 à Borny. Du Barail raconte dans ses mémoires : "Le général Decaen, pendant qu'il se prodiguait sur le champ de bataille, reçut une balle qui, contournant le genou, vint se perdre dans le jarret. Malgré ses officiers, il voulut rester à cheval, mais la bête ayant été tuée, le malheureux général tomba, sa jambe blessée engagée sous le corps du cheval. Il fallut l'emporter à l'ambulance où il mourut peu de jours après, pleuré par toute l'armée".

   

   

Rémi Héraud

Officier au 71e régiment d'infanterie, il est promu Lieutenant le 27/12/58. Engagé en Italie, notamment à Solférino, il revient de cette campagne décoré de la médaille d'Italie.

Capitaine, le 12/3/1866, il reçoit la croix de la Légion d'Honneur peu avant la guerre de 1870.

Durant la guerre de 70, le régiment fait partie du 3e corps d'armée et Héraud y sert au 3e bataillon.

Le 14/8/1870, à Borny, son bataillon est engagé durant toute la bataille, jusqu'à épuisement complet des cartouches. Rémi Héraud y trouve la mort. Durant l'engagement, le bataillon est décimé, y perdant 2 officiers tués, 8 blessés, et pour la troupe, 50 tués, 198 blessés et 44 disparus.


Rezonville (16/8/1870)

L'armée de Lorraine reprend sa marche vers Verdun, mais est arrêtée par deux corps d'armée prussiens qui ont pu, passant au sud de Metz, couper la route de la retraite française. Bazaine ne parvient pas à profiter de sa supériorité numérique (135.000 français contre 95.000 Prussiens). Les deux partis perdent environ 16.000 hommes chacun et la marche des Français est arrêtée.

Antoine Dieudonné Louis Charles Levézou de Vézins

 

 

 

Une page spéciale est consacrée à la mort de cet officier le 16/8/1870 à Rezonville.

 

 

 

Photo Bondonneau (Paris)

    

François Eugène Carbonnel

François Carbonnel est fils d'un négociant. Il est né le 6/10/1827 à Rouen.

Il a fait la campagne de Crimée comme Lieutenant au 5e régiment d'artillerie.

Il est promu Capitaine le 30/12/1857. Il sert au 16e régiment et est affecté au corps d'occupation en Italie, date à laquelle est prise la photo ci contre.

La guerre de 1870 le trouve capitaine du 5e régiment d'artillerie montée, commandant la 10e batterie composée de canons de 12 rayés. Il se distingue une première fois lors de la bataille de Spicheren, le 6/8/1870.
Lors de la bataille de Rezonville le 16/8/1870, il se distingue à nouveau en contribuant à contrebattre les batteries prussiennes installées au sud de Flavigny. Ses tirs sont cependant impuissants et la batterie souffre beaucoup et est obligée de se replier. Dans le mouvement en avant qui se produit plus tard, la batterie reprend la position qu'elle avait quitté et son tir appuie notamment la charge de la cavalerie de la Garde (lanciers et cuirassiers). Traversée par les batteries de la Garde, par les cuirassiers français et par la cavalerie ennemie, elle ne peut reprendre son tir et doit effectuer un mouvement de recul pour se reporter sur la crête à l'est du chemin de Gorze à Rezonville où elle se reforme et se réapprovisionne. Dans ce mouvement, le capitaine Carbonnel qui est resté en arrière avec l'une de ses pièces est tué par un obus perdu en traversant le ravin.

Il est promu officier de la Légion d'Honneur à titre posthume le 20/8/1870.

Photo Altobelli (Rome)

Dominique Manaud d'Aure

Eleve de l'école de Saint Cyr (promotion de la nécessité), il est nommé Sous lieutenant au 2e régiment de chasseurs dans lequel il va faire toute sa carrière militaire.

Lieutenant le 24/12/1846, puis Capitaine le 31/3/1851, il fait la campagne d'Italie et y est nommé chevalier de la légion d'honneur.

En 1865, il se fait photographier alors qu'il est adjudant major du régiment. Ce grade, qu'il occupe depuis plus de dix ans, est reconnaissable à la teinte différente du galon central par rapport aux deux galons extérieurs. D'Aure arbore sa croix de la légion d'honneur, sa médaille commémorative d'Italie et l'ordre militaire du royaume de Savoie, tous reçus durant la campagne d'Italie.

Il sera nommé Chef d'escadron le 13/8/1865, toujours au 2e chasseurs. En aout 1870, lors de la bataille de Rezonville, il est renversé de son cheval par un eclat d'obus d'artillerie et tué.

Sa famille ne retrouvera pas son corps.

Photo Prévot (Paris)

  

     

Frédéric Legrand

Né en 1810, frédéric Legrand est un officier sorti du rang. Il s'est distingué de nombreuses fois en Algérie durant la conquête (notamment lors de la prise de la smala d'abd el Kader et lors de la bataille d'Isly) au régiment des Spahis, puis aux chasseurs d'Afrique. Il a aussi servi comme Lieutenant colonel aux Guides de la Garde.
Au déclanchement de la guerre de 1870, il est Général de division depuis deux ans et déjà Grand Officier de la Légion d'Honneur depuis 1864. Malgré ses soixante ans, il réclame un commandement actif et est nommé à la tête de la division de cavalerie du 4e Corps d'arméeG

Le 16/8/1870 à Mars la Tour, il charge à la tête de la cavalerie française dans l'une des plus grande bataille de cavalerie de l'histoire.

Les détails des circonstances de sa mort diffèrent. Pour Dick de Lonlay (Francais et Allemands), son cheval ayant été tué dans la mélée, il tombe, brise son épée et reste coincé, une jambe prise sous sa monture. Une douzaine de dragons oldenbourgeois s'acharnent alors sur lui "pour le larder et le fouler aux pieds de leurs chevaux". Son aide de camp, le lieutenant Voirin, qui ne peut rien faire pour le sauver et est lui même blessé de 17 coups de sabre en essayant de le protéger. Pour son autre aide de camp, le lieutenant Longuet, il a d'abord la poitrine percée d'un coup de lance, puis il reçoit un violent coup de sabre au dessus de l'oreille gauche et ne rejoint le fossé de la route de Mars la Tour qu'appuyé sur le bras d'un capitaine de dragons, pour mourir quelques heures plus tard.

Il laisse une veuve et onze enfants, famille nombreuse sans fortune.

Sa carrière est détaillée sur une page qui lui est consacrée.

Photo Disdéri (Paris)

Michel Brayer

Né en 1811, ce fils d'un général d'empire à servi en Algérie et en Crimée où il a été blessé.

Colonel en 1859, il s'est illustré à Magenta en commandant le premier régiment de la Légion Etrangère qui bouscule l'armée autrichienne et prend la ville de Magenta au prix de lourdes pertes. Il est ici photographié comme Colonel du 67e RI, commandement qu'il occupe après la guerre d'Italie.

Lors de la guerre de 1870, il commande une brigade du 4e corps d'armée. A Rezonville, sa brigade est engagée dans l'attaque du ravin de la cuve, action surprise qui met en déroute une brigade complète de l'armée prussienne (brigade Wedel). Cette action décisive est néanmoins arrêtée par la charge sacrificielle des dragons de la garde prussiens qui stoppe toute vélléité offensive française. Sa mort est relatée dans le style inimitable des écrits patriotiques de l'époque : "A peine la première brigade achève-t-elle de se déployer, qu'elle se trouve face à face avec l'infanterie ennemie; au même instant, le général Brayer a son cheval tué sous lui, pendant qu'il donne ses ordres d'attaque au 1er régiment de ligne. Mettant aussitôt l'épée à la main, il va ordonne de sonner la charge, mais le feu ennemi redouble. Le commandant de la 1ere brigade, frappé à mort, tombe à côté de son aide de camp qui vient lui aussi d'être atteint mortellement. Au moment de rendre le dernier soupir, l'infortuné général se fait apporter le drapeau du 1er de ligne, afin de mourir en regardant ce symbole de la patrie."

Sa carrière est détaillée sur une page qui lui est consacrée.

Photo Parisienne (Paris)

       


Saint Privat (18/8/1870)

Après Rezonville, les Français se regroupent et attendent l'attaque des Allemands sur les positions Saint Privat/Amanvilliers/Gravelotte, face à l'ouest. Il sont attaqués par toutes les forces allemandes regroupées (180.000 hommes) qui s'interposent sur la route de Vedrun. La bataille est longtemps indécise, mais la prise du village de Saint Privat bouscule la droite française, qui doit retraiter à Metz. Les Prussiens ont perdu 20.000 hommes (contre 13.000 français), mais il réussisent à enfermer Bazaine dans Metz.

Tristan de Ferluc

Sous Lieutenant le 23/2/1856, il est nommé au 65e régiment d'infanterie.

Il participe à la campagne d'Italie, à la suite de laquelle il est promu Lieutenant le 5/7/1859.

Il est promu Capitaine en 1870, juste avant le déclanchement de la guerre de 70. Le régiment est engagé devant Metz, sous le commandement du colonel Sée. Lors de la bataille de Saint Privat, le 65e RI est engagé devant Amanvilliers et doit subir un feu d'artillerie terrible des prussiens.

Lors de la bataille, la capitaine de Ferluc est tué par un obus.

  


Beaumont (30/8/1870)

Regroupée à Chalons, l'ancienne armée d'Alsace est renommée Armée de Chalons. Mac Mahon qui la commande est chargé de secourir Metz. Lors de la marche, son 5e corps est surpris à Beaumont par les troupes allemandes qui ont pu être libérées du siège de Metz. Les Français sont sévèrement battus.

 
  

Louis Charles Auguste Morand

C'est le fils du général Morand qui s'illustra sous le Premier empire. Il est né le 20/12/1813 à Mayence., il a fait Saint Cyr dans la promotion d'Isly (1843-1845).
Capitaine le 30/12/1852 du 2e régiment de zZuaves, il est nommé aide de camp de l'Empereur, tenue dans laquelle il est photographié ci contre par le Gray au camp de Chalons en 1856.

Chef de bataillon le 13/7/1858 au 2e régiment de Zouaves, il commande son bataillon lors de la campagne d'Italie et se distingue lors de la prise de Magenta, action pour laquelle le drapeau du régiment est décoré. Il se distingue une nouvelle fois à Solférino et est nommé officier de la Légion d'Honneur. En 1862, son bataillon est envoyé au Mexique et il échoue devant le premier assaut de Puébla. Nommé lieutenant colonel le 21/12/1862 au 34e régiment d'infanterie, il retourne en France.

Colonel du 21e régiment d'infanterie le 6/3/1867, c'est dans ces fonctions qu'il est engagé en 1870. Il se distingue brillament le 6 aout à Froeschwiller. Nommé général de brigade le 25/8/1870, il est blessé le 30/8/1870 lors de la bataille de Beaumont et meurt le 9 septembre de ses blessures. "Au moment où le 21e RI allait se former entre Varniforet et la Thibaudine, le jour de la bataille de Beaumont, il est accablé par le feu des prussiens embusqués à 100 metres de la route, dans la foret de Dreulet. Les hommes se placent dans les fossés de la route. Un bataillon du 3e de ligne s'avance derrière eux drapeau déployé et tambours battant la charge, mais en vain. Le 21e est remené en arrière. Les officiers restés à découvert sur la route furent tous atteints par les balles ennemies. le colonel Morand qui avait été nommé général trois jours avant fut blessé à mort" (centenaire de Saint Cyr 1808-1908)"

 

 

Jean Pierre Ferdinand de Belhague

Il est Colonel du 11e régiment d'infanterie depuis le 5/5/1864.

Le 30/8/1870, le  5e corps d'armée, dont fait parie le 11e RI, est surpris par les Prussien à Beaumont. "Au premier coup de canon, le 11e sauta sur ses armes. Faisant preuve d'énergie et d'initiative, le colonel de Béhagle, qui n'a pas quitté sa tente depuis le matin, et qui, manquant de vivres, a partagé dans la matinée le café noir de son ordonnance, prend le commandement de toutes ces troupes éparses. Le 11e, dont les campements étaient les plus éloignés de l'ennemi, se forma immédiatement en bataille. En avant, le 11e ! s'écrie le colonel de Béhagle d'une voix tonnante, et, sans tenir compte de l'infériorité numérique, sans calculer combien les chances sont inégales, ce brave officier supérieur s'élance à la tête des siens, qui le suivent résolument. Malgré la pluie de fer qui s'abat sur lui, le 11e gagne du terrain en avant ; seul, il est exposé à l'armée allemande tout entière pendant les mouvements préparatoires des autres régiments de la division, car il se trouve immédiatement prêt à résister aux colonnes prussiennes et prêt à se sacrifier pour sauver l'armée. Visant à genou ou couchés, les soldats du 11e tirent avec le plus grand sang-froid et à coup sûr dans les noires et profondes masses qui descendent des collines ; leurs balles fouillent si bien les régiments prussiens, que ceux-ci, malgré leur supériorité écrasante, reculent et vont se dissimuler à la lisière des bois. En quelques instants, une batterie allemande d'avant-garde perd 24 chevaux et 26 canonniers; 2 bataillons du 86e Poméranien sont décimés et lâchent pied sous la grêle de balles que font pleuvoir sur eux nos héroïques fantassins. Mais, si les assaillants subissent des pertes sensibles par le feu de nos chassepots, leur nombreuse et redoutable artillerie nous couvre de projectiles. Le 11e de ligne, écrasé par la supériorité numérique de l'ennemi et  par la grêle d'obus qui fait rage sur lui depuis une heure et demie, cède le terrain, mais pied à pied, et ne bat définitivement en retraite que lorsqu'il se voit menacé d'être débordé tout à la fois sur sa droite et sur sa gauche. I.e lendemain, en ramassant les morts sur le champ de bataille, on trouva des soldats du 1Ie qui avaient été frappés par les balles prussiennes à plus de 500 mètres en avant de leurs campements.
Dès le début de l'action, le colonel de Déhagle, après avoir réussi à enlever son Régiment, s'était placé sur la première ligne de ses tirailleurs. Il venait de donner à un sous-lieutenant d'infanterie l'ordre de faire avancer les pièces qui se trouvaient dans la vallée de Dame-Pouce, lorsqu'une balle partie à 500 mètres des environs de la Maison-Blanche lui traversa le foie et les reins. Ce brave officier, mortellement atteint, eut encore la force de crier, au moment où ses sapeurs, groupés autour de lui, l'emmenaient à l'ambulance : « Ne vous occupez pas de moi!... « Allons, mes enfants, soutenez l'honneur du Régiment! Courage! « courage ! ». Transporté à l'ambulance de Beaumont, le colonel de Bébagle y mourut le lendemain, et les Prussiens rendirent les honneurs militaires à son convoi, escorté par un soldat du 11e, le bras en écharpe, qui avait demandé comme unique faveur de porter l'eau bénite pour la sépulture de son chef bien-aimé. M. de Déhagle était un intrépide soldat. Chef de bataillon à Solférino, il était allé avertir, au péril de sa vie, le quartier-général que l'armée française avait devant elle toute l'armée autrichienne, et ce fut par miracle qu'il échappa aux Autrichiens, qui tirèrent sur lui, à son retour, des centaines de coups de fusil, comme des chasseurs sur un lièvre. Il se laissa glisser de son cheval comme s'il eût été atteint, et rejoignit son bataillon en suivant la berge d'un canal desséché. Aussi bon que brave, il était adoré de ses officiers et de ses soldats, qui pleurèrent eu lui un chef aussi distingué par ses belles qualités militaires que par son caractère aimable et sa bienveillante sollicitude pour tous ses subordonnés. A Sarrebourg, pendant que, selon ses propres paroles, « nous fuyions comme des misérables . devant l'envahisseur, on le voyait mangeant un morceau de pain noir sur son cheval, encourageant ses soldats harassés en les appelant "ses entants" d'une voix si sympathique qu'ils redoublaient d'efforts pour marcher encore, à la prière de celui qu'ils aimaient comme un père
(historique du 11e régiment d'infanterie)
".

Photo Chamussy (Chambéry)

  


Sedan (1/9/1870)

Après la défaite de Beaumont, Mac Mahon renonce à sa marche vers l'est et tente de se regrouper. Mais l'avance des Prussiens est plus rapide et ils parviennent à encercler l'armée française à Sedan. En dépit de tentatives pour briser l'encerclement (à Bazeilles, puis à Floing). Les Français doivent capituler et plus de 100.000 hommes sont capturés, avec l'Empereur. Le sort de la bataille n'a jamais fait de doute, mais l'armée française montre qu'elle est capable de sacrifices, notamment de sa cavalerie qui se fait décimer dans des charges à Illy et Floing.

     

Georges Gaston Babut

Après avoir fait Saint Cyr entre 1851 et 1853 (promotion de l'Aigle), il est nommé sous lieutenant au 5em régiment léger. Il part dès 1854 en Orient et participe à toute la campagne, notamment à l'assaut du fort de Malakov.

Nommé lieutenant le 6/5/1855, son régiment est redénommé 80e régiment d'infanterie à la suppression des régiments légers. Il revient en France avec la croix de la légion d'honneur, la médaille britannique et la croix Turque du Medjidié.

Capitaine le 24/5/1859, il part en Italie de 1859 à 1860. Son régiment y retourne en 1867 pour protéger les possessions du Pape des visées de l'Italie. Il y reçoit la croix de Mentana. De 1862 à 1868, il est capitaine adjudant major du 80e RI.

A la veille de la guerre de 70, il est nommé chef de bataillon du 72e RI.

Il est blessé mortellement à la tête de son bataillon sur la crête du calvaire d'Illy à la bataille de Sedan, le 1/9/1870.

Photo Faucher (Tulle)

  

Alexandre Ernest Albaret

Saint Cyrien de la promotion de Zaatcha (1849-1851), Albaret a servi au régiment des Guides de la Garde entre 1858 et 1863. Il en porte ici l'uniforme.

Il a rejoint le 1er régiment de Hussards à sa promotion comme Capitaine le 17/1/1863 et a servi en Algérie où il a reçu la Légion d'Honneur le 12/8/1868.

La guerre de 1870 le trouve commandant le 5e escadron du régiment et c'est dans cette position qu'il participe aux charges de Sedan du 1er septembre 1870.

L'historique du régiment relate :" Enlevant la poignée de braves qu'il commande, le capitaine Albaret, blessé à la figure s'ecrie néanmoins "Chargez!" et le 5e escadron se déploie en bataille pour se mettre en marche près du coteau où les balles lui font perdre beaucoup de monde. Partant de pied ferme au galop, il traverse aussitôt plusieurs lignes d'éclaireurs espacées, il sabre à droite et à gauche la ligne enveloppante et tombe sur des troupes massées en bon ordre qui escaladent sur deux rangs les hauteurs au son grave des tambourins qui battent la marche d'un bruit rythmé, près d'un officier, derrière la seconde ligne. Les compagnies de chasseurs laissent approcher les hussards avant d'ouvrir la fusillade et tirent des salves qui les disséminent; les feux nous arrivent de trois côtés différents, sans compter les obus qui affluent de la rive opposée de la Meuse, coupant la jambe du brigadier Roussel. Un parti tourne bride à gauche et s'engouffre au milieu des carrière, un autre se jette à droite et prend à revers, dans le Fonds des Noyers, des compagnies de cahsseurs qui se retournent pour reçevoir nos intrepides cavaliers. Le capitaine Albaret est atteint au bras et mortellement frappé au coeur." Il est enterré à la même place, au Fond des Noyers, une plaque de marbre entourée d'une grille, une épitaphe, quelques charmes aux quatre angles.

Dans son ouvrage sur les charges de Sedan, Rozat de Mandres propose une autre version, plus imagée et tragique : "Le capitaine commandant Albaret, la tête entourée de linges sanglants (il avait reçu le matin en traversant le bois de la Garenne, un coup de pied de cheval à la tête), se grandit dans sa petite taille "Suivez moi ! dit-il à ses hussards, tapez dur et surtout des coups de pointe." Puis il part dans la direction du demi gauche, du côté des carrières. Après 250 metres de galop, l'escadron découvre l'ennemi ; tout près à 150 metres, les prussieuns sont formés en trois groupes d'une cinquantaine d'hommes, appuyés par des masses noires placées devant, derrière et dans les carrières ; ils attendent la charge, l'arme haute. Dans le groupe de droite, un grand drapeau blanc brodé d'or. Le sol est mauvais, caillouteux ou labouré, difficile; mais l'espace est libre ; l'escadron avance bien en bataille, chaque division compacte, prend sa direction sur un groupe : encore un bond, ils sont atteints. Tout à coup, à 50 metres, les armes s'abaissent et font feu, la salve jette à terre l'escadron, qui vient mourir sous les baionnettes ; tous ses officiers sont tombés en ligne, Albaret est blessé mortellement d'une balle dans le bas ventre ; il perdait des flots de sang, son cheval le ramène au ralliement ; en y arrivant, il glisse à terre, fait quelques pas et vient mourir dans les bras du docteur Krug Basse. Albaret dont les intestins sortaient du ventre, ne voulut pas qu'onle touchât et demanda au docteur qu'on le laissât mourir tranquille." 

Photo Le Gray (Paris)

  

               

    

Jean Paul Gravier de Vergennes

Né le 14/12/1842, il est engagé volontaire au 8e lanciers.

Alors qu'il est maréchal des logis, il est envoyé à Saumur. C'est dans cette ville qu'il est photographié, dans la tenue du 8e lanciers.

Le 25/12/1867, il est promu Sous Lieutenant et rejoint le 3e régiment de chasseurs d'Afrique par permutation le 4/3/1868.

En 1870, il sert au 3e escadron du régiment. Il est tué à Sedan le 1/9/1870 lors de la première charge du régiment. "Au centre du régiment, où le passage du chemin a été relativement facile, le 3e escadron, conduit par le capitaine Rapp, a vite accusé son mouvement en avant. Après avoir passé le ruisseau le premier, il arrive au milieu des Allemands. Le sous lieutenant de Vergennes, à 40 metres après le chemin, est tombé mort atteint de plusiers balles. (Rozat de Mandres)"

 

Photo le Roch (Saumur)

Auguste Minary

Sous officier sorti du rang, Minary a fait toute sa carrière au 1er régiment de zouaves, y gagant ses galons d'officier et ses décorations en Crimée, en Italie et au Mexique.

Il a été blessé deux fois au cours de sa carrière.

Capitaine adjudant major en 1870, il est nommé Chef de bataillon après la bataille de Woerth pour remplacer les pertes cruelles du régiment, notamment dans le corps des officiers.


Mis à la tête du troisième bataillon lors de la réorganisation du régiment au camp de Chalons, il est grièvement blessé aux premières heures de la bataille de Sedan et meurt de ses blessures17 jours plus tard.

Photo Thévenot (Paris)

   

   

Alfred Louis Fournier de Boisayrault

Né le 31/8/1845. Saint Cyrien de la promotion d'Oajaca (1864-1866), il est nommé sous lieutenant au 3e régiment de chasseurs d'Afrique le 1/10/1866, puis il rejoint le 4e régiment de chasseurs d'Afrique lors de la reconstitution du régiment en avril 1867.

Il est détaché à l'école de Saumur comme sous lieutenant d'instruction en 1870. En France au déclanchement de la guerre de 1870, il rejoint son régiment au Camp de Chalons et participe aux opérations de l'armée conduisant à la bataille de Sedan.

Lors de la bataille de Sedan le 1e septembre 1870, Alfred de Boisayrault participe à la première charge de son régiment sur Illy et a un cheval tué sous lui. Ressellant un nouveau cheval trouvé par un de ses sous officiers sur le champ de bataille, il reprend sa place dans le rang.

Plus tard dans la journée, vers 11h45, sortant du bois de la Garenne, près de la route de Givonne, un obus eclate sur la croupe du cheval d'un chasseur qui le précède. "Un eclat de cet obus frappa probablement de Boisairault qui venait immédiatement derrière ce cavalier, il poussa un cri, on le vit en même temps élever les bras en croix et tomber sans qu'on pût lui porter secours, tant le dessaroi était grand; son cheval rejoignit son peloton ; le lendemain un médecin trouvait encore le cadavre étendu à la même place, caché en partie par le corps d'un cheval sans tête" (La division Margueritte - R de Mandres).

Photo Ken (Paris)

 

Pierre Antoine Emile Parmentier

 

Né le 1/5/1833 à Barr en Alsace, il est Saint Cyrien (1842-1844) et a fait l'école d'état major, de la promotion de 1847.

Peu après sa nomination comme Lieutenant, il est envoyé au corps expéditionnaire de Rome en 1849, aide de camp du général Chadesson, commandant une brigade d'infanterie. Il va rester en Italie durant une longue partie de sa carrière, attaché au corps d'occupation de Rome. Il se fait photographier par l'atelier d'Alessandri, célèbre photographe romain, alors qu'il est capitaine, en grande tenue d'officier d'état major.

Après sa nomination comme chef d'escadron le 12/8/1864, il est nommé attaché militaire à Rome.

Après près de vingt ans de présence en Italie, la guerre de 1870 le rappelle en France. Il est nommé à l'état major de la 2e division d'infanterie du général Liébert (7e corps d'armée). Le 1/9/1870 lors de la bataille de Sedan, sa division est très activement engagée sur Illy et Floing et le commandant Parmentier est mortellement blessé lors de l'engagement.

Il meurt de ses blessures le 6/9/1870

Photo d'Alessandri (Rome)

   

   

Albert Charles Elisée Leclerc

 

Saint Cyrien de la promotion de l'Indoustan (1857-1859), il est nommé sous lieutenant le 1/10/1859 au 3e régiment de Chasseurs d'Afrique et est envoyé à l'école de Saumur pour parfaire son instruction d'officier de cavalerie. C'est à cette date qu'il fait réaliser ce portrait par le photographe Le Roch, vers 1862, dans la tenue des sous lieutenants d'instruction.

Il fait ensuite campagne au Mexique, puis en Algérie.

Promu lieutenant, le 4/3/1868, il est lieutenant en premier au 3e escadron lorsqu'éclate la guerre de 1870.

Le 1/9/1870, à Sedan, il participe à la première charge du régiment sur le calvaire d'Illy. "A 150 metres, sur le chemin avant la pente, le lieutenant Leclerc a été blessé. Il vacille et ralentit. Un instant après son cheval, tué raide, fait panache. Un chasseur, Dallet, sans souci du danger, met pied à terre. Il relève son lieutenant tout étourdi et le soutient. Une balle frappe alors Leclerc dans la région du coeur et le tue sur le coup. C'était le premier officier tué de la division dans cette journée sanglante. Leclerc atteint mortellement dans les bras d'un de ses chasseurs, donne la véritable idée de cette affection et de cette discipline spéciales, toutes de dévouement et de respectieuse intimité, qui unissait alors dans les régiments de cavalerie les hommes à leurs supérieurs. C'était le résultat des soins et de l'affection que les officiers témoignaient journellement à leurs cavaliers. (R de Mandres, la division Margueritte à Sedan)"

Photo le Roch (Saumur)

Marie Jean Germain de Liniers

 

Saint Cyrien de la promotion de Djemmah (1844-1846), il est nommé Sous Lieutenant le 1/10/1846 au 10e régiment de chasseurs. Nommé Lieutenant le 19/12/1848, il est détaché à Saumur comme officier d'instruction, puis, après sa promotion comme Capitaine (le 10/12/1851), il est détaché à l'école de Saint Cyr comme officier instructeur de cavalerie.

Promu Chef d'escadrons, le 12/8/1861 au 7e régiment de chasseurs à cheval, il y recoit la croix de la Légion d'Honneur. Il est ici photographié vers 1868, alors qu'il est commandant des troupes à l'école impériale de cavalerie de Saumur, poste auquel le destinaient ses qualités equestres.

Promu Lieutenant Colonel le 27/2/1869, il est nommé au 3e régiment des chasseurs d'Afrique.

Le 1/9/1870, à Sedan, il participe à la première charge du régiment sur le calvaire d'Illy. Placé à la droite du régiment, il est légèrement blessé à la main alors qu'il rallie quelques chasseurs et se jette dans les vergers à la poursuite des tiralleurs ennemis qui défilent.
Plus tard dans la journée, alors que le régiment se prépare de nouveau à charger, de Liniers est blessé à côté de son colonel d'une balle à la hanche. Il est alors enmené à l'ambulance Philippe, mais son calvaire ne s'arrète pas là : "A l'ambulance Philippe, le lieutenant colonel de Liniers était tué raide d'une balle en plein front. Blessé à la hanche, il était adossé sur la terrasse à une caisse d'orangers; la fusillade eclate, le lieutenant colonel se soulève pour voir, à peine a t il dépassé la caisse qu'il est frappé. (R de Mandres, la division Margueritte à Sedan)"

Photo le Roch (Saumur)

   

         

Jean Auguste Margueritte

Né le 15/1/1843, officier issu d'un milieu modeste, il a conquis tous ses grades à la pointe de son épée, d'abord en Algérie, puis au Mexique, comme chef de corps du 1er régiment de chasseurs d'Afrique.

Recemment nommé Général de Division, il commande une magnifique division de cavalerie de réserve, composée de 2 régiments de chasseurs d'Afrique, du 1er régiment de Hussards et du 6e régiment de chasseurs. C'est cette division qui s'illustre le 1/9/1870 à Sedan, en conduisant une charge desepérée contre les Prussiens.

Dans son ouvrage sur les charges de Sedan, le général Rozat de Mandres décrit les derniers instants du général Margueritte : "Le moment de la charge était arrivé ; le général Margueritte ne devait pas la conduire. Il avait rejoint la tête de la colonne, il met le sabre à la main et part au galop, suivi de ceux qui l'entourent, la colonne s'ébranle... Mais il voulut donner encore un dernier coup d'oeil, la direction prise ne le satisfaisant pas ; aussi, laissant de nouveau la division arrétée dans une sorte de repli de terrain, il se porte en avant au galop ; bientôt, il donne l'ordre à son escorte et à son état major de ne pas le suivre, l'escorte obéït. Reverony, son officier d'ordonnance, dit au général : "Pour rien au monde je ne vous quitterai" et il le suit, les autres officiers, à une certaine distance, font de même, ainsi que le porte fanion Weyer.
Le général traverse la ligne d'infanterie, dépasse d'une vingtaine de metres la gauche extrème de la tranchée abri et arrive à la crête où il observe l'ennemi dans la direction de Mézière. On voyait à un millier de metres de profondes colonnes d'infanterie prusienne, qui venaient par la prairie au bord de la Meuse, se dirigeant vers nous ; l'effort était considérable. C'était le XIe Corps allemand. La fusillade dirigée vers le petit groupe augmentait : tout le monde fit demi tour et à bon galop redescendit vers la division. Alors le général cria vivement d'arrêter "il ne faut pas retourner si vite en arrière" dit il. Cette observation frappa profondément les jeunes officiers qui l'entouraient ; on prit le pas ; presque aussitôt - on s'était éloigné à peine d'environ 80 metres du premier point d'observation - le général remit son cheval dans la direction de l'ennemi et dit "remontons voir". Il remonta en effet et vint, en decrivant un cercle à droit plus avant du point d'observation primitif, au dessus du brusque ressaut qui descend à pic à l'est de Floing, près du chemin qui va sur le village même et juste sur la crête ; là, au milieu d'une grêle de balles, il arrête son cheval et le fait tourner à droite.
Le feu augmentait d'intensité, les tirailleurs prussiens étaient à 400 metres. En un instant, le général a son fourreau de sabre brisé ; le sous lieutenant de Senneville est blessé d'une balle dans la jambe droite, à 10 cm au dessous du genou. Presque en même temps le général est frappé : il bat l'air des bras et s'abat face contre terre. Il était une heure trois quart. Une balle venant de bas en haut et de gauche, avait traversé les joues, brisant les dents, attaquant le palais et la langue. Reverony met promptement pied à terre et soulève le général. S'appuyant sur Reverony, le général fait quelques pas, échappant aux balles qui sifflaient au dessus de sa tête. Dès qu'il fut défilé du feu, il s'arrêta et voulut remonter à cheval, on chercha un cheval tranquile et on se mit en marche pour redescendre vers la division. Ce triste cortège arrive ainsi devant la tête de la première brigade et passe lentement ; le général s'efforcait de crier : "en avant, en avant !" malgré le sang qui l'étouffait et, tendant le bras droit vers l'ennemi, il indiquait par un geste la direction et son ordre suprème. Un peu plus tard, le général s'arrêta à l'entrée du bois ; on lava sa blessure avec un mélange d'eau et de vin. En arrivant à Sedan, il fut logé à la sous préfecture et l'Empereur donna, pour le laver, la timbale de son nécessaire de campagne
."

Margueritte meurt au chateau de Beauraing en Belgique, le 6/9/1870.  

Charles Henri Robert Delmas de Grammont

Jeune Saint Cyrien, nommé Sous Lieutenant le 1/10/1866, Charles de Grammont sert comme commandant du 2nd peloton du 4e escadron du régiment à Sedan.

Lors des charges du soir, vers Floing, il est tué "le bassin et les haut des deux jambes broyés par un coup de mitraille".

Photo le Roch (Saumur)

 

  


Le blocus de Metz

Enfermée dans Metz, l'armée de Lorraine tente plusieurs sorties. Le 31 aout à Noisseville, puis à Ladonchamps. Mal conduites et somme toutes sans espoir, elles échouent toutes et obligent l'armée à capituler le 27 octobre, livrant 173.000 hommes aux Prussiens.

Claude Jules Isidore Manèque

Né en 1812, il fait l'école de Saint Cyr en 1830-1832 et en sort second avant de faire l'école d'état major.

Il a une carrière brillante : Chef d'Escadron le 24/11/1854, il est officier de la Légion d'Honneur, à l'Etat-Major de la 2e Division d'Infanterie de la Garde Impériale ; Lieutenant-Colonel le 10/05/1859 il est chef d'Etat-Major de la Division de Cavalerie du 1er Corps d'Armée.

Nommé Colonel le 14/1/1863, il est sous-chef d'Etat-Major Général du Corps Expéditionnaire au Mexique. Dans ses mémoires, le général du Barail écrit de lui : "Le colonel d'Auverge avait pour second le lieutenant colonel Manèque, un de mes compagnons d'arme d'Afrique, un ami que j'étais heureux de retrouver et qu'appréciait beaucoup le général Pelissier. C'était un officier d'un rare bon sens, d'un parfait esprit de justice et d'impartialité, qui, sans empiéter sur les attributions d'autrui, exercait une influence heureuse et féconde".
Il devient ensuite chef de l'état major du corps expéditionnaire. Commandeur de la Légion d'Honneur le 2 juillet 1863. En 1865, il est chef du bureau des cartes et des plans au ministere de la Guerre, puis il devient chef d'état major d'une division d'infanterie de la Garde Impériale.

Il est nommé Général de Brigade le 02 août 1869. En 1870, il est chef de l'état major du 3e Corps d'armée et est blessé mortellement par un eclat d'obus le 1er septembre 1870 à la bataille de Noisseville (devant Metz).

Il est enterré à Saint Julien

    


Le siège de Paris (1/9/1870)

Après le désastre de Sedan, le 13e corps d'armée qui avait été formé à Paris et envoyé au secours de Mac Mahon, doit retraiter et rejoint dans Paris une armée hétéroclite, formée de gardes nationaux de gardes mobiles et de corps francs. L'investissement de la ville par les Prussiens est effectué à la mi septembre. Durant cette période, les combats sont essentiellement le fait des Français qui tentent soit d'occuper quelques points stratégiques (comme à Chatillon le 19 septembre, Villejuif le 23 septembre, Chevilly le 30 septembre et Bagneux le 13 octobre), soit de briser le blocus et sortir de la ville (comme à la Malmaison le 21 octobre et surtout lors des journées de Champigny (du 30 novembre au 2 décembre). Toutes les tentatives se soldent par des échacs et le 28 janvier 1871, Paris capitule.

   

Pierre Victor Guilhem

 

Né à Saint Géours (Landes) le 29/12/1815, c'est un engagé volontaire, promu officier au mérite.

il a servi comme officier au 55e régiment d'infanterie, en Afrique et en Crimée, puis il dans la Garde Impériale comme Lieutenant Colonel (1/3/1856) au 2e régiment des Grenadiers et s'est illustré à Magenta. Promu Colonel le 16/6/1859, il est nommé au 90e régiment d'infanterie en remplacement de son chef de corps tué durant la bataille. A la tête du 90e, il se distingue ensuite à Solférino lors de la prise du village de Rebecco. Il revient d'Italie officier de la Légion d'Honneur.

Il est ici photographié en 1862 alors que son régiment est en garnison à Nice et il porte les décorations qu'il a reçu lors de la campagne d'Italie. Entre 1865 et 1867, il commande le régiment de la légion étrangère au Mexique.

Promu Général de brigade en 1867, lorsque la guerre de 70 éclate il commande la brigade d'infanterie des troupes du corps d'occupation de Rome.

Revenu en France, il est mis à la tête d'une brigade du 13e corps d'armée du général Vinoy. Il est tué lors de la bataille de Chevilly le 30/9/1870. Son corps sera remis à l'armée française par les Prussiens et fera l'objet d'obsèques conduites par le général Trochu lors du siège de Paris.

 

Photo Ferret (Nice)

 

Adrien Prévault

Adrien Prévault est né le 12/3/1836 dans l'Indre et Loire. Il fait l'école de Saint Cyr (promotion du Prince Impérial 1855-1857) et rejoint le 2e régiment de Zouaves comme Sous Lieutenant.

Durant la campagne d'Italie, il est blessé à la bataille de Magenta d'un coup de feu à la fesse droite. En novembre 1861, il s'embarque avec son bataillon pour le Mexique et participe à la première attaque de Puebla qui se solde par un échec. Néanmoins, à la suite de cette affaire, Prévault est nommé Lieutenant (le 7/5/62).

Capitaine le 13/8/65, il est photographié à Oran avec la dédicace suivante : "Que cette image vous fasse penser quelquefois à un coeur qui vous est tout dévoué".
En avril 1870, il est légèrement blessé d'un coup de feu à la tête devant Aïn Chaïr. Il rentre en France pour la campagne de 1870 et comme la plupart des officiers du 2e régiment de Zouaves, il est blessé lors de la bataille de Froeschwiller. Sa belle conduite durant la bataille lui vaut cependant la croix d'officier de la légion d'honneur (le 20/8/1870), distinction rare pour un officier subalterne.

Evacué, il se remet de sa blessure et est nommé Chef de bataillon lors de la réorganisation du 4e Zouaves le 1/10/1870 à Paris.

Il est nommé Lieutenant colonel du 42e de Ligne durant le siège de Paris le 27/11/1870. A peine quelques jours après sa nomination, il est tué à la tête de son régiment en chargeant le plateau de Coeuilly lors de la bataille de Villiers le 30/11/70. "Le 30/11/1870 le brave 42e de ligne, enlevé vigoureusement par son chef le LtColonel Prévault, qui avait pris l'avant veille seulement le commandement, se précipite sur le plateau de Coeuilly, entrainant avec lui les tirailleurs postés dérrière la crête. Sans être arrêté par un feu formidable d'artillerie et de mousquéterie, ils arrivent sur les bords du ravin : les Allemands sont repoussés dans l'intérieur du parc. Mais la mitraille fait rage ; le brave lieutenant colonel est mortellement frappé, près de la moitié de l'effectif est par terre (centenaire de StCyr)"

Photo Klary (Oran)

       

        

Léon Charles Marie Verscheider

 

Né à Paris le 26/10/1846, officier de marine, il est aspirant sur le Jean Bart en 1865, puis sur le Louis XIV, vaisseau école des cannoniers marins.

Enseigne de vaisseau en 1869, il embarque sur le Casablanca pour participer à une expédition navale aux Antilles et à la Guyanne.

Revenu en France sur sa demande pour participer à la guerre, il est au siège de Paris comme officier d'état major de l'amiral La Roncière le Noury. Il est alors chargé de commander les pontonniers auxiliaires de la marine, formés de 60 gabiers d'élites.

Il est tué par un obus prussien le 2/12/1870 à Brie sur Marne alors qu'il surveillait l'installation des ponts sur la Marne.

 

Photo Mayer (Paris)

Léon Jean Festugière

Saint Cyrien de la promotion de Djurjurah, il est nommé Sous Lieutenant le 1/10/1858, au 23e régiment d'infanterie. Après la campagne d'Italie, il passe au régiment des Zouaves de la Garde en 1860, ce qui nous vaut ce cliché ci contre pris par Prévot.

Promu Lieutenant le 24/8/1862, il passe au 90e régiment d'infanterie en 1868. Il y est nommé Capitaine le 15/10/1869.

A la déclaration de guerre de 1870, Festugière sert au 4e bataillon au dépôt du régiment et n'est donc pas envoyé à l'armée. Le 23/8/1870, ce bataillon, avec les 4e bataillons des 93e et 95e de ligne sont appelés pour former le 12e régiment de marche. Formé à Aubervilliers, le régiment est rattaché au 13e corps d'armée à Paris. Festugière prend le commandement de la 3e compagnie du premier bataillon du régiment.

Le 30 septembre une action est décidée pour détruire le pont de bateaux de Choisy le Roi servant aux communications allemandes des routes de l'est à Versailles. La compagnie de Festugière a pour objectif le village de Thiais. Elle parcourt avec le plus grand entrain tout le plateau, long de 3 à 4000 metres et culbute les avants postes prussiens du Moulin d'argent blanc. A 500 metres du villages elle se trouve en butte, sur un terrain completement découvert à un feu de mousqueterie et d'artillerie des plus dangereux. Néanmoins elle franchit cet espace avec vigueur, mais non sans pertes sensibles, et son élan ne s'arrête qu'au village lui même, alors qu'elle vient se heurter contre un grand mur d'enceinte qui lui fait obstacle. Ce mur crénelé, flanqué d'une part par le cimetierre, et de l'autre par un épaulement armé d'artillerie, abrite l'ennemi, qui accueille nos tirailleurs de face par une fusillade à bout portant et de flanc par des feux croisés. C'est à ce moment que le capitaine Festugière est mortellement atteint.  

Il est nommé chevalier de la Légion d'Honneur le 15/10/1870, quelques jours avant sa mort.

Photo Prevot (Paris)

    


La guerre en Province

  

Paul Charles Jaquin

Né le 6/12/1824, ce bel officer au torse avantageux est Saint Cyrien de la promotion d'Ibrahim (1845-1847). Il pose ici en tenue de capitaine du 12e régiment de dragons, vers 1860.

Il a derrière lui une carrière déja bien fournie, puisqu'il a passé de nombreuses années en Algérie, a servi en Crimée au 7e Dragons, au Mexique dans les Chasseurs d'Afrique et la contre guerilla, ainsi qu'au Chili comme instructeur. Cette carrière est décrite sur cette page.

La guerre ayant été déclarée, Jaquin est promu Chef d'Escadrons le 29/8/1870 et rejoint la France début septembre. La réorganisation des troupes de cavalerie après les premiers revers de Metz et Sedan, le font affecter au 1er régiment de marche de Hussards le 23/9/1870.

Ce régiment, formé à Castres le 17/9/1870 et composé d'un escadron de chacun des 2e, 4e, 6e et 7e régiments de hussards, est concentré à Tours dans une brigade qui va servir lors du rigoureux hiver 1870/1871. Le 9/11/1870, lors de la bataille de Coulmiers, le régiment est engagé vers 2 heures dans un mouvement offensif visant à menacer deux batteries prussiennes qui canonnent l'aile droite de la division. Le régiment "s'approche  à 900 metres de ces batteries sans être apreçu. Au moment où il allait charger, il reçoit l'ordre de rejoindre la division. Découvert alors, il exécuta sa retraite  dans le plus grand calme et le plus grand ordre, les escadrons se retirant au pas par échelons sous une grêle d'obus et de projectiles de toutes sortes. Cette marche fit le plus grand honneur aux hommes de troupe qui l'exécutèrent avec le plus grand sang froid. Le régiment eut à regretter la mort du commandant Jaquin, frappé à sa place de bataille d'un éclat d'obus dans la poitrine (historique du 1er régiment de marche de hussards)". Jaquin est enterré sur place.

Photo Lombard (St Maixent)

Marie Charles Henri, Comte Harouard de Suarez d'Aulan

Henri d'Aulan est né le 3/1/1839.

Il est promu Sous lieutenant le 1/10/1860 au 1er régiment de carabiniers.

Il est pris en photo ici à Livourne en 1860, pour le mariage de son frère ainé avec la fille d'un sénateur du royaume d'Italie.

En janvier 1866, peu après la fusion des deux régiments de carabiniers, il est promu Lieutenant au 6e régiment de Hussards.

Il est nommé Capitaine en 1870, peu avant le début de la guerre de 1870. Au dépôt de son régiment, comme capitaine adjudant major, il n'assite pas aux opérations en Lorraine et aux revers de l'armée impériale. En revanche, il fait partie du 4e régiment de marche de dragons, mis sur pied le 4/10/1870 et engagé au 16e corps d'armée à l'armée de la Loire.

Distingué lors de la bataille de Coulmier, il reçoit la croix de la Légion d'Honneur. Il est tué le 1/12/1870 lors de la bataille de Patay, alors que son régiment est pris sous le feu de l'artillerie ennemie.

 

Photo Marzocchini (Livourne)

    


 Les sièges des forteresses

Durant la guerre, les Prussiens ont eu à conquérir ou assiéger les nombreuses places fortes qui défendent le pays. Les sièges de Belfort de Bitche et de Strasbourg ont particulièrement marqué cette période.

   

Jacques Auguste Constant François Fievet

Capitaine, il commande une batterie d'artillerie du 13e RA en Crimée. Il se distingue à Inkermann et il est promu Chef d'escadron en juin 1855. A cette date, il passe dans la Garde Impériale et commande son artillerie détachée en Crimée.

Nommé Lieutenant colonel le 24/12/1858, il passe au 14e régiment à cheval, puis au régiment à cheval de la Garde Impériale, position dans laquelle il se fait photographier ci contre.

Colonel le 27/12/1862 au 6e régiment pontonniers, il commande l'artillerie et les ponts du 1e corps d'armée au début de la guerre de 1870. Mis à disposition de la Place de Strasbourg, comme chef de l'artillerie, lors du siège de la ville, il commande une sortie le 16 aout 1870 par la porte de l'Hopital. Pris sous une embuscade de soldats badois, la sortie fait long feu et le colonel Fiévet est grièvement blessé à la jambe dans l'engagement qui coûte trois petites pièces de canon à l'armée française.

Il décède de ses blessures le 1er septembre 1870.

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